La muraille de Noël

La ville du Mans peut s’enorgueillir de plusieurs éléments : sa cathédrale aux vitraux très anciens, sa cité Plantagenêt où ont été tournés plusieurs films dans un univers médiéval, et son enceinte romaine.
C’est un monument de grande importance, puisque plusieurs portions sont extrêmement bien conservées, et qu’on y voit à la fois l’aspect défensif et le côté décoratif.
Les motifs sont originaux, et ont d’ailleurs fait réagir un Britannique, assistant d’anglais en France, qui les a comparés aux célèbres « pulls de Noël », les « Christmas Jumpers » que les sujets de sa majesté affectionnent particulièrement.
Voyez plutôt les pulls…

 

 

 

 

Et la muraille :

L’enceinte du Mans – un pull de Noël ? – Source : site de la ville du Mans

La ressemblance est étonnante, non ? Les rennes en moins…
A mon avis, on pourrait communiquer là-dessus à destination des touristes anglo-saxons !

Papillon en France

Dimanche 21 janvier 2018

En m’installant au Mans, j’ai pris une bonne résolution : considérer cette nouvelle période de ma vie comme un voyage, une découverte supplémentaires. Ce qui signifie pour moi :
– saisir un maximum d’opportunités de rencontrer les gens d’ici, qu’ils y habitent depuis longtemps ou soient de passage comme les Erasmus ou les assistants de langue,
– visiter les lieux, profiter de l’offre culturelle, des événements…
– garder un regard neuf et relater les anecdotes étonnantes sur ce blog.
Mais c’est difficile… Je profite effectivement des occasions qui se présentent en participant à des activités avec des locaux et des internationaux, je vais au yoga, au rock, aux événements Couchsurfing… En revanche, j’ai plus de mal à être touriste. D’une part parce que j’ai beaucoup moins de temps que quand j’étais en SVE, en Erasmus ou assistante de langue, et d’autre part parce que mon budget est restreint et que ça limite de fait les possibilités d’assister à des visites guidées ou des spectacles, de visiter des musées ou des monuments. La beauté du service civique, c’est qu’on a les mêmes ressources financières qu’un étudiant ou un demandeur d’emploi, mais aucun droit à réductions !* Hum, dommage… Mais défi intéressant ! La deuxième difficulté est aussi liée à ma disponibilité : même quand j’ai quelque chose à raconter, je ne prends pas le temps de m’asseoir devant mon écran pour l’écrire. La troisième difficulté, enfin, est celle de l’anonymat que j’ai toujours tenté de préserver. Il était plus facile de ne pas être très reconnaissable quand je racontais des anecdotes que les personnes concernées ne risquaient pas de retrouver car ce n’était pas dans leur langue, et que les lecteurs ne pouvaient pas identifier car ce n’était pas chez eux. Désormais, il me faudra donc accepter d’être reconnaissable. Ce n’est pas un problème puisque j’ai toujours pris soin de modérer mes propos, mais ça change ma façon de considérer ce blog.

Quoi qu’il en soit, cette résolution tient toujours, et je vais essayer de publier quelques articles sur le Mans et la Sarthe…
* Rectificatif mars 2018 – En fait si, de par l’article 120-3 du code du bénévolat, tout porteur de la carte de volontaire en service civique doit pouvoir bénéficier des mêmes avantages qu’un étudiant ! Donc entrées à tarif réduit au cinéma, dans les musées, au spectacle… et abonnement aux transports également à bas coût. Pas autant que pour un demandeur d’emploi qui ne paye que 11,40€ pour trois mois de déplacements illimités, mais quand même moins qu’un salarié. Bonne nouvelle !

The Sun is also a Star

Vendredi 12 janvier 2018

The Sun is also a Star, Nicola Yoon ; lu en anglais janvier 2018 —

Je viens de terminer un livre plus ou moins reçu en cadeau de Noël. En fait, après avoir lu The Brightest Star in the Sky de Marian Keyes, que j’avais emprunté à la médiathèque, j’ai demandé au Père Noël un autre livre de cette même auteure. Et le Père Noël a exaucé mes vœux en m’apportant The Woman who stole my Life. Sauf qu’en lisant la quatrième de couverture, j’ai eu une nette impression de déjà vu lu. Qui s’est confirmée à la lecture des premières pages. Bon. Le titre ne me disait rien, mais l’histoire oui, je l’avais déjà lue. Probablement au Canada ou au Royaume-Uni, allez savoir.
Le pire dans l’histoire ? En rentrant chez mes parents, j’ai vérifié mon étagère de livres en langues étrangères, et je l’ai ! Donc certes je le relirai avec plaisir puisqu’il est excellent, mais nul besoin de posséder des ouvrages en double alors que je peine déjà à trouver de la place pour les ranger !
Je suis donc allée à Durance, librairie nantaise qui avait approvisionné le Père Noël pour cette livraison, et j’ai choisi en une minute un autre livre pour le remplacer. Pour être rapide, j’ai fait confiance au libraire qui avait organisé ses rayonnages et choisi l’un des romans mis en avant, c’est comme ça que j’ai eu en ma possession The Sun is also a Star de Nicola Yoon. Nulle obsession de ma part sur les étoiles, je vous assure qu’il s’agit d’un simple hasard dont je viens de m’apercevoir en écrivant cet article. Encore que… Est-ce bien un hasard, ou est-ce la destinée ?
Car dans ce roman, où une jeune fille, d’origine jamaïcaine et sur le point d’être expulsée des Etats-Unis où elle vit illégalement, rencontre un Américain fils d’immigrants coréens, hasard et destin sont l’objet de bien des discussions…
Natasha ne croit ni à l’amour, ni au destin. Pour elle, tout est sciences, de l’univers à l’amour. Pour Daniel, c’est bien différent : il voit beaucoup de poésie en ce monde.
L’essentiel du roman relate une journée, celle où tout bascule. Daniel est censé aller à un entretien de sélection pour l’Université de Yale. Natasha fait tout son possible pour éviter à sa famille l’expulsion vers la Jamaïque, qui doit avoir lieu le soir-même. Leur origine, leur situation, leur culture, leur vision du monde… Tout les oppose, mais ils passent la journée ensemble. Quant à la suite… je n’en dirai pas plus !

Je remercie Marian Keyes et l’enchaînement de petits événements qui m’ont menée jusqu’à ce livre. S’il n’est pas aussi fort que The Brightest Star in the Sky, il est tout de même excellent, et très touchant.
Il est assez court, car même s’il a près de 400 pages, les interlignes sont larges. Le style très simple rend la lecture facile et rapide. Pas de mots compliqués, une alternance de chapitres très courts dont la perspective change à chaque fois : narrateur personnage avec Natasha ou Daniel, ou narrateur externe pour nous présenter le point de vue des autres personnages, que ce soit le père de l’un ou de l’autre des protagonistes ou un personnage secondaire.
Ce changement de perspective fait partie du charme du livre. On se met dans la peau de tout le monde, jusqu’au chauffeur de taxi dont on ne saura plus rien après. Il n’y a pas d’excès comme dans certains livres : tous les personnages ne sont pas liés, on ne découvre pas à la fin de schéma qui regroupe tout le monde. Mais on goûte des instants de vie touchants.
Et puis il y a le suspense. Que va décider Daniel pour son avenir ? Natasha va-t-elle réussir à éviter le retour en Jamaïque ? Quelques rebondissements inattendus maintiennent le doute jusqu’à la fin : est-ce vraiment une romance avec un happy end, « and they lived happily ever after » ? Ou y aura-t-il un dénouement plus subtil, plus réaliste ? Ne comptez pas sur moi pour vous le dire. Car oui, j’aime les fins très optimistes, réalistes ou pas, parce que je lis pour rêver et pas pour déprimer. Mais j’aime aussi être surprise, être un peu nostalgique sur une fin réaliste. Et ne pas savoir, jusqu’au dernier moment, a vraiment contribué au plaisir de cette lecture.