Joe le Pizzaiolo

Jeudi 5 avril 2018

Il y a un peu plus d’un mois, j’ai retrouvé un ami d’enfance. Je savoure de nouveau sa présence…
Quand je dis « savoure », je le pense. Littéralement. Car « l’ami » retrouvé, c’est Joe, le pain de l’amitié. Aussi connu sous le nom d’Herman, gâteau de l’amitié.

Le principe est simple : c’est celui d’une chaîne de lettre, mais au lieu de courrier, on fait passer un levain.
Un beau jour, on reçoit d’un ami ou d’un collègue un bocal avec cette étrange substance et une feuille d’instructions. C’est sur ce petit papier que la bête se présente, à la première ou à la troisième personne :

« Vous recevez Joe de la part d’un ami, c’est le jour 1 ! Mettez-le à l’aise dans un saladier, plutôt grand pour qu’il ait la place de grandir, couvert d’un torchon. Joe doit pouvoir respirer, et n’aime pas le froid, il doit rester à la température ambiante d’une maison. »
Ensuite, il faut prendre soin de lui. On le mélange régulièrement, et puis un beau jour (le quatrième, pour être précise), Joe a faim ! On lui donne alors un peu de lait, de sucre et de farine… Enfin « un peu », c’est ce qu’on dit la première fois. Parce que vous le verrez plus tard, Joe réclame souvent à manger, et quand on décide de le garder un peu plus longtemps que ce qui est prévu, le magasin d’à côté voit augmenter ses ventes de ces ingrédients ! Bon, ok, j’exagère… Je reviens à mes moutons.
On mélange de nouveau pendant quelques temps, et le neuvième jour, on nourrit Joe de nouveau (je vous l’avais bien dit !). Eeeet… c’est là qu’intervient le principe de la chaîne de lettres : on divise Joe en quatre parts égales. Trois doivent être données à des amis, et la quatrième est cuisinée le lendemain pour faire un délicieux gâteau ! Miam !

Quand on est gourmand, ou adepte du principe, ou curieux… whatever !… alors on ne donne que deux parts, on cuisine la troisième, et on garde la quatrième pour recommencer le cycle !
C’est ce qu’on avait fait quand j’étais gamine. Et je garde un excellent souvenir du gâteau aux pépites de chocolat qu’on faisait tous les dix jours. Malgré tout, la famille avait fini par se lasser, et on n’a plus eu Joe…
Récemment, on en a reparlé. Et ma petite sœur, qui n’a pas les deux pieds dans le même sabot vu qu’elle n’en a pas du tout (de sabot, s’entend), a démarré elle-même un nouveau Joe ! Ni une, ni deux, nous revoilà avec notre ami !

J’ai adopté une part, ravie ! Mais évidemment, lorsque j’ai finalement préparé mon gâteau, il n’avait pas la qualité de mon souvenir… Je n’étais pas tout à fait déçue, parce que j’avais anticipé le risque d’embellissement de la mémoire. Mais bon… Le charme n’était pas tout à fait le même.
Cela dit, j’ai recommencé, et testé une autre recette. Et voilà que l’odeur, la consistance, le goût, tout est parfait ! Mon goûter ce jour-là a été copieux, je n’ai pas pu m’empêcher d’en reprendre plusieurs fois, tout en sautillant de joie avec ma « madeleine de Proust » sur les papilles.

Je vous donne donc cette recette, la meilleure ! (Oui, enfin… la meilleure pour moi, quoi !)

Au 10ème jour, nourrissez Joe une dernière fois avec : 150g de beurre fondu, 3 œufs, 100 g de sucre, 200g de farine, 1 sachet de levure chimique, 1 cuiller à café de sel, et tous les autres ingrédients qui vous plaisent : pépites de chocolats, fruits et fruits secs…* Dites au revoir à Joe, et faites-le cuire 1h à 170°C. Il est cuit quand un couteau en ressort propre.

Mais tout cela n’explique pas le titre de mon article… J’y viens !
Pour ne pas me lasser trop vite, j’ai décidé de varier les plaisirs, et après avoir retrouvé la recette parfaite, eh bien… je n’ai pas recommencé ! A la place, j’ai fait une pâte à pizza au levain maison ! C’est long, mais quelle récompense au moment de la dégustation…
Là, j’ai suivi les indications d’une bloggeuse, et je vous donne donc le lien vers sa recette. Elle est relativement simple : en plus d’un peu de levain Joe / Herman, il vous faudra de l’eau, de la farine, de l’huile d’olive, du sel et du thym. Le thym n’étant pas indispensable, mais appréciable.
La réussite de cette pizza vraiment maison étant au rendez-vous, je compte bien réutiliser cette base à l’occasion, je ne manquerai pas de partager le résultat (numérique) avec vous !

* Evidemment, ce sont les pépites de chocolat, faites maison à partir d’une tablette de chocolat à cuire, qui ont mes faveurs…

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