La maison aux esprits, Isabel Allende

Tour du monde littéraire : Chili (ou presque), deuxième escale

La maison aux esprits (La casa de los espíritus),
Isabel Allende

Lu en français en mai 2018

Isabel Allende est une auteure chilienne, ou faudrait-il dire internationale ? Non seulement elle est lue dans le monde entier, mais son parcours l’a menée dans de nombreux pays : née au Pérou, elle a vécu au Chili bien sûr, mais aussi en Bolivie et au Liban, en Belgique et en Suisse. Et ça, c’était avant même le coup d’Etat de Pinochet, qui cause la mort de son oncle Salvador Allende et la pousse à s’exiler au Venezuela. Bref, une écrivaine internationale, dont le premier roman, La maison aux esprits (1982, traduit en français en 1984) se situe dans une contrée sans nom, mais qui ressemble fortement au Chili…
Il relate l’histoire d’une famille sur plusieurs générations. Les personnages sont hauts en couleurs ! Clara la clairvoyante communique avec les morts, déplace les meubles d’un regard et joue du piano sans y toucher. Rosa la belle, avec sa chevelure verte, semble ne pas être plus touchée par la réalité du monde des morts que de celui des vivants. Esteban, colérique, violent, mais aussi amoureux et protecteur, finit par rétrécir physiquement à mesure que son âme s’amenuise. Les parents, les enfants pas toujours légitimes, l’oncle voyageur et fantasque, les neveux, les propriétaires et les paysans, une prostituée entrepreneuse, un aristocrate français un peu louche, un chien qui ne cesse de grandir, la petite-fille idéaliste se croisent, s’aiment, se disputent sur 70 ans. Et à travers leur histoire ressort aussi l’Histoire. On voit en effet l’évolution de la société, les idées socialistes, les élections truquées, mais aussi le progrès technique…
Jamais le pays n’est nommé, pas plus que les personnages historiques. De nombreuses fois sont mentionnés le Poète, le Candidat (qui deviendra le Président), le Pays… Et pourtant, malgré les éléments fantastiques, ce livre est ancré dans la réalité du Chili, et on ne doute pas que les événements historiques sont vrais, dans toute leur horreur. Si au début, l’Histoire n’est que le support de l’histoire des personnages, un glissement s’opère au fil du récit, et les protagonistes deviennent presque secondaires face à quelque chose de plus grand. Pris dans les engrenages des événements, ils sont entraînés et deviennent un vecteur pour parler de ce qui s’est passé au Chili avec l’élection d’un président socialiste, puis son renversement et la mise en place de la dictature.
Si, jusque là, une majorité de faits fantastiques relatés avec humour compensaient largement les quelques instants plus cyniques voire violents, la fin du livre devient très dure. Malgré la présence des esprits baladeurs et de touches de légèreté et d’optimisme, il faut avoir le cœur bien accroché pour supporter les arrestations, la torture, les meurtres, l’exil, la misère…
Et pourtant, d’un bout à l’autre, ce livre m’a passionnée. Magnifiquement écrit, captivant, avec ses personnages attachants et sa manière de transmettre toujours un peu d’espoir. La narration externe alterne avec des passages à la première personne, parfois au milieu d’un paragraphe, et ce n’est qu’à la toute fin qu’on comprend ces étranges transitions qui contribuent à rendre le récit vivant. J’ai ri, j’ai pleuré, je me suis indignée et attendrie jusqu’à la dernière page, et j’ai pleuré encore en refermant le livre, mais plutôt de bonheur. Non, vraiment, c’était une excellente lecture et je la recommande…

L’ombre de ce que nous avons été, Luis Sepúlveda

Tour du monde littéraire : Chili

 

L’ombre de ce que nous avons été
(La sombra de lo que fuimos)
,
Luis Sepúlveda

Lu en français, avril 2018

Je pars à l’autre bout du monde, à la découverte de l’extrême sud de l’Amérique, dans cette longue bande de terre montagneuse qu’est le Chili. C’est Luis Sepúlveda qui me guide pour cette première escale, avec l’un de ses ouvrages plus récents : L’ombre de ce que nous avons été (2010). L’auteur a commencé par écrire des contes, mais c’est avec son premier roman, Le vieux qui lisait des romans d’amour (1992) qu’il s’est fait connaître dans le monde entier. Je l’avais lu en espagnol, il y a quelques années, et c’est avec plaisir que je retrouve l’univers poétique de Sepúlveda dans cet autre roman.
Car oui, il a un style bien particulier. Dans L’ombre de ce que nous avons été, le lecteur est plongé à Santiago, dans un entrepôt où il découvre l’histoire d’hommes âgés, fragiles, anciens militants de gauches qui se retrouvent une dernière fois à l’appel du Spécialiste, un personnage qu’ils admirent mais qui n’arrive pas… Il a été absurdement tué par un tourne-disque jeté par une fenêtre !
Chacun y va de son anecdote sur le passé, raconte son présent, et petit à petit se dessine leur histoire commune et celle du Chili. Il n’y a pas beaucoup d’action dans ce livre très court, dont ce n’est pas l’objet. Ce n’est pas un roman d’aventure, c’est la portrait empreint de tendresse de personnages dont la vie n’a pas été facile. Malgré leurs difficultés, malgré la mort du Spécialiste, c’est un récit qui fait chaud au cœur, parce qu’on y trouve de la solidarité, de l’admiration, de l’engagement, du bon sens au service de l’humain…
Les aspects historiques et sociétaux ne sont pas relatés directement, on découvre tout de même en trame de fond le coup d’Etat de Pinochet, la lutte socialiste, l’exil des militants. Tout en subtilité…

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup apprécié ce petit livre. Le lire, c’est savourer un instant hors du temps, en se laissant porter par le rythme inhabituel de l’écriture pour suivre sur un petit bout de chemin des personnages très attachants.

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Le Café des Langues et ses Sorties

Jeudi 3 mai 2018

Si vous avez le goût des rencontres, du partage, de la découverte culturelle, des échanges linguistiques, si vous arrivez au Mans et que vous souhaitez y faire connaissance avec des Manceaux d’un jour ou de toujours, si vous cherchez une activité pour un week-end et même en semaine, cet article est pour vous.

Le Café des Langues du Mans
ESN Le Mans est une association étudiante, antenne locale du réseau International Exchange Erasmus Student Network, qui met en place de nombreuses actions pour les étudiants étrangers au Mans, ainsi que pour tous les jeunes internationaux présents dans la ville et aux alentours : assistants de langue, jeunes au pair, stagiaires, volontaires, employés…
En association avec Fanny Guibert et le Théâtre les Quinconces, ils proposent tous les mois de septembre à mai un Café des Langues : un samedi de 15h00 à 17h00, toutes les personnes qui souhaitent venir pratiquer une langue étrangère peuvent se retrouver dans l’espace bar à l’étage du théâtre. Sans inscription, et avec comme unique contrepartie l’achat d’une boisson sans alcool à 50cts, chacun peut venir rafraichir ou perfectionner une langue de son choix : anglais, français et arabe sont toujours représentés, et on trouve régulièrement une table pour parler allemand ou espagnol, parfois aussi japonais, coréen
Nul besoin d’être un expert, car dans ce cadre convivial, l’entraide est de mise. Les natifs s’adaptent, et chacun donne un coup de pouce selon ses compétences. Et lorsque les rôles s’échangent, l’aidé devient l’aidant, et tout le monde trouve son bonheur.

Les Sorties du Café des Langues
Pour ceux à qui une rencontre mensuelle ne suffirait pas, ou qui ne seraient pas disponible les samedis, l’association propose également des sorties hebdomadaires. Balade à l’Arche de la Nature un samedi, discussion dans un café un lundi (généralement La Bourse, place de la République, où nous sommes très bien accueillis), soirée jeux de société un mercredi, pique-nique au Parc Banjan, sortie au marché des Jacobins… C’est l’occasion d’apprendre l’anglais ou de pratiquer le français dans un contexte convivial, en lien avec la vie quotidienne. Les sorties lancent les conversations et permettent de mieux mémoriser les nouveaux mots ou expressions, puisqu’ils s’ancrent dans une expérience vécue. Elles offrent également la possibilité de mieux connaître le Mans puisque de nouveaux lieux sont régulièrement proposés.

Prochaines dates :
– Mercredi 9 mai : soirée jeux de société en langues étrangères à l’AmuZ’Mans, à 21h00
– Lundi 14 mai : discussions autour d’un verre au Café la Bourse de 18h00 à 20h00 (Place de la République)
– Samedi 19 mai : la dernière édition du Café des Langues mensuel pour 2017-2018, avant son retour à la rentrée 2018
– Mardi 22 mai : le retour des discussions au Café la Bourse de 18h00 à 20h00 (Place de la République)

En ce qui me concerne, après avoir été simple participante, je suis engagée depuis plusieurs mois dans la coordination des Sorties, et je m’y épanouis : je me suis liée d’amitié avec Stacy, assistante américaine qui les organise avec moi, et nous avons intégré l’ESN où nous participons maintenant aux réunions et à différentes activités. Nous avons trouvé une équipe accueillante, la possibilité de participer à des projets enthousiasmants, la satisfaction des actions menées à bien, la richesse des échanges avec des jeunes de nombreux pays.
Pour moi, ce sont des associations de ce genre qui rendent belle la vie dans un lieu. C’est parce qu’on y trouve des personnes engagées qu’on s’y sent bien et qu’on a envie d’y rester. Ces gens agissent, et contribuent à leur échelle à modeler la ville à leur image. La ville, et même le monde, car ils partagent leurs valeurs avec tous ceux qui sont prêts à échanger, et les diffusent au fur et à mesure que les internationaux retournent dans leur pays d’origine ou que les Français vont s’engager pendant un séjour à l’étranger.
Ils permettent de se rappeler que nous avons tous un pouvoir, et qu’il ne tient qu’à nous d’en faire bon usage !
Alors, rejoignez-nous pour un après-midi ou pour la vie !

La fille du gardien de phare, Ann Rosman

Tour du monde littéraire : Suède, deuxième escale

La fille du gardien de phare (Fyrmästarens dotter), Ann Rosman

Lu en français en avril 2018

Quoi de mieux pour différencier la fiction du fond de réalité que de lire dans la foulée un deuxième livre du même pays, mais d’un autre auteur ? Je n’ai donc pas attendu après La Princesse des Glaces, et j’ai enchaîné sur La fille du gardien de phare, d’Ann Rosman.
Dans ce roman policier, on est de nouveau dans la partie méridionale de la Suède, sur la côte proche de Göteborg. Derrière un mur d’un phare en réfection, deux ouvriers polonais découvrent un cadavre, visiblement abandonné là depuis un moment… La commissaire de police Karin Adler est chargée de l’enquête.
Les histoires se croisent et les destins s’entrecroisent au fil du récit et de ses flashbacks. Les personnages sont attachants, et l’auteure décrit à travers eux des problèmes de société : répartition des tâches entre hommes et femmes, divorce, burn-out…
C’est probablement l’aspect le plus réussi du roman, puisque ces sujets sont évoqués sans lourdeur, sans morale non plus, comme une trame de fond.
Pour le reste, je ne suis pas du tout aussi charmée par ce livre que par celui de Camilla Läckberg. L’intrigue est intéressante, certes, mais les indices ne sont pas assez partagés avec le lecteur. Lorsqu’un personnage fait une découverte intéressante, par exemple une photo qui fait avancer l’enquête, le narrateur l’évoque mais ne dévoile pas le contenu ! Et il est difficile de s’y retrouver entre le présent et le passé, de se faire une carte mentale des liens entre tous les personnages (la sœur de bidule, qui est la prétendante de machin et la grand-mère de truc…) Résultat, à la fin du roman, il faut en trois pages résumer l’intégralité de l’histoire pour expliquer comment se sont vraiment déroulés les événements. Bon. Une introduction et ces trois pages auraient suffi à tout comprendre, alors ?! C’est frustrant…

Pour résumer mon avis, je dirais que c’est un livre sympathique, avec du suspense, mais pas du tout aussi captivant qu’il pourrait l’être.

Du point de vue culturel, il reste intéressant. Il confirme l’importance du monde marin sur la côte ouest, à proximité de Göteborg. L’histoire démarre dans un phare, sur une île, et plusieurs personnages sont des marins. Même la policière, dont ce n’est pas le métier, aime la mer, et le bateau joue un rôle prépondérant dans sa vie et dans son couple, en bien comme en mal. Au final, la mer est presque un protagoniste : plus qu’un décor ou qu’un lieu de vie, elle est en même temps une meurtrière, une amie, une amante. Impossible de replacer ce roman et cette société dans un autre cadre.
L’auteure dépeint aussi ces villages de pêcheurs qui se transforment en décors, en villages fantômes où les maisons sont rachetées et rénovées par des citadins qui n’y viennent qu’à la belle saison. C’est un point commun avec le roman de Läckberg, et donc probablement un phénomène qui préoccupe nombre de Suédois de cette région.
Un dernier point commun entre les deux romans m’a marquée, c’est la question des relations entre hommes et femmes, et plus précisément des violences faites aux femmes. Dans La fille du gardien de phare comme dans La Princesse des glaces, des personnages féminins souffrent du manque d’implication de leurs conjoints dans les tâches ménagères et l’éducation des enfants, de leur désintérêt pour leurs difficultés ou souffrances psychologiques. On les voit se débattre dans leurs espoirs d’une vie de couple harmonieuse, leur peur de la séparation, leur besoin d’émancipation. Et dans les cas plus graves, il y a les coups.
Alors hasard ou problème de société plus présent que chez nous ? Impossible à dire sans avoir l’avis de quelqu’un qui aurait vécu longtemps en Suède…

La fiche du livre sur Livraddict : Logo Livraddict

Escapedream : de l’agritourisme inédit

Dimanche 22 avril

Aujourd’hui, nous avons testé un « Escape Game », l’un de ces « jeux d’évasion grandeur nature » (cf Wikipedia pour la version française, peu usitée pour décrire cette nouvelle activité en vogue). Mais plutôt que d’aller dans l’une des salles qui ouvrent dans toutes les grandes villes de France, nous avons opté pour une version à la ferme : Escapedream, à Souligné-sous-Ballon, dans la Sarthe. A vrai dire, c’est l’originalité de cette initiative qui a titillé ma curiosité et m’a décidée à enfin tester un Escape Game. En tant que fille d’agriculteurs, et après avoir réalisé un mémoire de recherche sur l’agritourisme, je ne pouvais pas manquer cette expérience.

Avec mon frère et sa conjointe, et ma sœur et son copain, nous avons testé l’un des deux scénarii, le Grenier de Grand’Pa. Pour ceux qui avaient déjà participé à des Escape Games ailleurs, comme pour JP et moi qui n’en avions jamais fait, ç’a été un excellent moment. Nous sommes tous ressortis ravis ! Un scenario intéressant et plausible, des énigmes qui s’enchainent, des surprises jusqu’au bout des 90 minutes de jeu, un décor soigné… Difficile d’en dire plus à ce sujet, car il faut évidemment préserver l’intégralité du mystère sur le contenu pour ne pas gâcher le plaisir des prochains… Mais vous aurez compris que tout est positif !

Et si l’on se penche sur les aspects agritouristiques professionnels, je ne peux encore que louer la réalisation. Il ne s’agit pas là d’une culture hors-sol, car les deux salles sont en lien avec le monde agricole : dans le grenier de Grand’Pa, on est dans un vieux grenier de ferme qui colle tellement à la réalité que nous avons retrouvé des objets qui traînent aussi dans les hangars, les greniers et l’atelier de nos parents agriculteurs. L’autre salle, que nous n’avons pas encore testée, a elle une histoire en lien avec le salon de l’agriculture. Ainsi, tout en étant dans le pur loisir puisque personne ne tente de nous donner des explications sur le milieu agricole, on découvre quelques aspects de la vie rurale actuelle et des dernières décennies. Et on répond donc à la fois à l’envie de transmission qui guide un certain nombre des agriculteurs qui se lancent dans l’agritourisme, et à la volonté de découverte et/ou de dépaysement qui amène les urbains à la campagne.
De plus, la réhabilitation du bâtiment s’inscrit dans une démarche assez classique de valorisation du patrimoine bâti. Souvent, les agriculteurs créent des gîtes ou des chambres d’hôtes dans de vieux corps de ferme ou d’anciennes écuries. Là, c’est un jeu. Et il permet de garder un peu plus l’aspect d’origine, car dans le grenier, on voit encore toutes les poutres, les tuiles… Là où, pour un hébergement, les clients aiment trouver le charme du rural, de l’atypique, mais sont quand même nombreux à rechercher en même temps un confort haut de gamme, il n’y a pas un tel besoin d’isolation et de modernisation pour une activité d’une heure et demie en journée. C’est donc idéal.
Enfin, l’accueil par un employé était chaleureux et très professionnel, et n’avait rien à envier à celui de beaucoup de sites où le tourisme est le métier principal et non pas une activité secondaire. Car, il ne faut pas l’oublier, dans l’accueil à la ferme, les acteurs sont souvent d’abord des agriculteurs, formés dans de nombreux domaines de la culture à la comptabilité en passant par l’élevage et la gestion d’entreprise, mais pas à la relation client. Bien sûr, ceux qui décident d’ouvrir leur exploitation ont normalement l’ouverture d’esprit nécessaire, l’envie d’accueillir, et peuvent participer à des formations, mais c’est un deuxième métier qu’ils apprennent. Alors quand ils le font encore mieux que ceux qui l’ont fait toute leur vie, cela mérite d’être noté !
Si vraiment il faut une note négative pour ne pas donner l’impression d’y être allée avec des lunettes roses, je dirais que le fléchage pour accéder à la ferme peut probablement être amélioré. Mais avec un GPS, tout se passe bien. Et il faut bien reconnaître que c’est une problématique présente dans toute la France pour de nombreux sites et services touristiques…

Quoi qu’il en soit, si mon article vous a convaincus de la qualité d’Escapedream, allez faire un tour sur leur site, et réservez-vite un créneau pour vivre l’aventure par vous-mêmes !
Ce n’est qu’à 20 minutes de route de la ville, alors ne cherchez plus que faire au Mans et profitez-en…

 

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Un pique-nique polyglotte au Parc Banjan

Samedi 21 avril

Profitant de l’arrivée des beaux jours, Stacy et moi avions programmé pour aujourd’hui une « Sortie du Café des Langues » au parc Banjan. Stacy, assistante d’anglais dans des écoles primaires du Mans et des alentours, avait eu l’idée d’y organiser un pique-nique, ce qui m’avait tout à fait enthousiasmée !

Nous avons eu beaucoup de chance, puisque la chaleur est arrivée en une énorme vague dans les jours précédents, et qu’elle ne s’est pas transformée en orage avant 17h00, heure à laquelle les participants étaient déjà tous repartis vers d’autres occupations.

Nous nous sommes donc installés à l’ombre des arbres du parc Banjan, qui n’est pas au cœur du centre-ville comme le parc de Tessé ou le jardin des Plantes, mais reste très accessible, surtout avec le tramway : arrêt Maillets-Banjan sur la ligne 2, on ne peut pas se tromper !
Petit coin de nature vallonné, avec principalement de l’herbe et des arbres. Pas d’allées dessinant des formes géométriques ni de massifs de fleurs élaborés, il y a là plutôt des espaces tranquilles tout à fait adaptés à un pique-nique, une sieste ou des jeux de ballon. On y trouve aussi quelques jeux pour enfants et outils de torture musculation, mais ce n’est pas ce qui nous intéressait le plus aujourd’hui !
Nous avons donc formé un grand cercle et des sous-groupes pour parler anglais, allemand, arabe, français et espagnol, avec une vingtaine de participants de tous les continents ! Et nous avons partagé différentes spécialités ramenées par chacun : rillettes évidemment, mais aussi salades de pâtes et de quinoa, pain arabe, pain apéritif, galettes de blé, puis salade de fruits colombienne et meringue.
Un moment délicieux pour pratiquer les langues, rencontrer de nouvelles personnes et découvrir un agréable petit bout du Mans !

Après une journée comme celle-ci, j’ai toujours un regain de motivation pour rester au Mans. Parce que j’ai passé un bon moment, retrouvé des gens que je côtoie depuis maintenant quelques mois, et rencontrés de nouvelles personnes avec qui j’ai eu plaisir à échanger. Et surtout parce que les sourires et les remerciements que nous ont adressés les participants en partant me font me sentir utile. Avec Stacy, nous proposons des activités hebdomadaires depuis maintenant plus de six mois, et voir que nous avons de plus en plus de monde à chaque rendez-vous est extrêmement valorisant. C’est notamment grâce à l’ESN (Erasmus Student Network) du Mans, que nous avons intégré et qui nous permet de communiquer plus largement. C’est aussi parce que les participants ont plaisir à se retrouver sur ce type de sorties. Quoi qu’il en soit, ça donne du sens à ma présence au Mans, en-dehors de mon activité principale qu’est le service civique. C’est d’autant plus important que celui-ci touche à sa fin et que je ne sais pas encore avec certitude ce que je ferai ensuite. J’espère donc que d’ici à début juin, j’aurai trouvé un emploi à moyen ou long terme qui me permettra de monter des projets, d’organiser des événements, de contribuer à l’animation d’un territoire assez proche d’ici pour poursuive également mes activités au sein de l’ESN et du Café des Langues.

Pour ceux qui souhaitent participer aux prochaines Sorties du Café des Langues, ou au Café des Langues mensuel au Théâtre les Quinconces, toutes les dates sont sur la page Facebook.

La Princesse des glaces, Camilla Läckberg

Tour du monde littéraire : la Suède

Dimanche 8 avril

La Suède, je l’ai déjà « visitée » avec Katarina Mazetti et ses deux livres Le mec de la tombe d’à côté et Le caveau de famille, ainsi qu’avec Katarina Bivald et sa Bibliothèque des cœurs cabossés (qui soit dit en passant se déroule majoritairement aux Etats-Unis).
J’y fais une troisième escale avec leur premier livre de Camilla Läckberg : La Princesse des glaces (Isprinsessan) que je viens de terminer, et La fille du gardien de phare que j’entame de suite.

La Princesse des glaces est un roman policier, le premier d’une série dont les héros sont une écrivaine, Erica Falck, et un inspecteur de police, Patrik Hedström.
Dans ce premier tome, Erica découvre le cadavre d’une amie d’enfance, qui s’est apparemment suicidée. Mais il s’avère rapidement qu’elle a été assassinée…
J’ai beaucoup apprécié ce roman. Bien que les événements soient dramatiques, et notamment ceux qui, dans l’enfance des protagonistes, ont posé les jalons menant au meurtre, l’atmosphère n’est pas glauque. Tout en dépeignant les aspects sombres de la société (violences conjugales, silence par souci du qu’en-dira-t-on, mauvais traitements sur les enfants, alcoolisme…), l’auteure allège le récit par des moments de bonheur avec une histoire d’amour, la beauté des paysages…
L’intrigue est très bien menée, et m’a tenue en haleine jusqu’au bout. Les personnages découvrent parfois des indices que le narrateur ne partage pas avec le lecteur, mais sans attendre la toute fin du livre pour un dénouement en trois pages non plus !

Du point de vue culturel, on est plongé dans la vie d’un village côtier à une ou deux heures au nord de Göteborg. Un village de pêcheurs en pleine transition vers l’économie du tourisme, avec tout ce que cela implique sur le rachat et le réaménagement des maisons historiques, les changements de mode de vie, le départ des jeunes vers la grande ville…
L’évolution des moeurs est moins spécifique à ce village. On observe, à l’échelle de la Suède, le contraste entre la génération du mariage à vie et celle où l’on divorce, celle de la préservation des apparences et celle où l’on livre ses secrets dans les médias…
Et en termes de géographie, on ressent l’importance de l’alternance entre les longues nuits d’hiver puis les longues journées d’été, avec son influence sur le rythme de vie du village et de ses habitants, sur les paysages…
J’attends maintenant de terminer La fille du gardien de phare pour confirmer ou infirmer certaines impressions, voir mieux ce qui relève de la culture suédoise et ce qui relève de l’imaginaire de l’auteure.

Tour du monde à… livres

Vendredi 6 avril

Je me suis lancé un défi lecture. Un qui correspond à deux de mes passions : la lecture et la découverte des cultures étrangères.
Outre le fait d’essayer de lire 100 ouvrages correspondant à des catégories spécifiques (uchronie, thriller psychologique, d’un auteur aux initiales doubles, publié cette année, avec des sorciers, etc…), je veux faire un tour du monde littéraire. Pas en stop, ni à vélo, ni en avion, non, c’est bien un tour du monde à livres ! Sans bouger de chez moi ! Ou presque, parce qu’il faut bien que j’aille à la médiathèque de temps en temps…
Je vois plusieurs intérêts à ce projet. Le principal étant de développer une certaine ouverture d’esprit. En effet, s’il est facile de trouver un livre du Royaume-Uni, d’Allemagne ou des Etats-Unis dans le genre qui me plait d’habitude, c’est moins le cas pour l’Islande, l’Ethiopie ou la Papouasie-Nouvelle Guinée ! Je serai donc parfois forcée de me tourner vers des styles qui ne me tentent pas a priori. Et parfois, ça ne sera pas concluant, j’en suis certaine ! Mais j’aurais expérimenté quelque chose de nouveau et élargi mon point de vue.
C’est aussi l’occasion de découvrir la culture d’autres pays, pendant une période où je ne peux pas voyager, et encore moins à la façon que j’apprécie le plus, à savoir en restant longtemps quelque part pour m’intégrer à la population et assimiler les us et coutumes des uns et des autres. Car dans un livre, même policier ou de fantasy, transparait la culture de l’auteur. Pour prendre un exemple connu : dans Harry Potter, le fonctionnement en maisons n’est pas une spécificité de Poudlard, c’est une pratique courante au Royaume-Uni. Le tout étant d’apprendre à démêler la pure fiction du cadre réel.
Je pourrai ainsi mieux comprendre les étrangers que je rencontre. Découvrir quelques anecdotes sur leur pays pour lancer la discussion et en apprendre encore plus ! Et leur montrer que, d’où qu’ils viennent, je m’intéresse à eux. Quelques mots de lituanien m’ouvraient toutes les portes, ou plutôt tous les cœurs lorsque j’étais en Lituanie. Mes efforts pour apprendre leur langue flattaient les habitants, leur montraient que mon intérêt pour leur pays n’existait pas que dans mes discours. J’espère qu’une bonne culture générale peut transmettre un peu de ce même sentiment.
Pour certaines nationalités, ce sera aussi l’occasion de maintenir mon niveau de langue. Il ne s’agit là que des auteurs anglophones, germanophones et hispanophones. Je ne maîtrise pas suffisamment les autres langues étrangères pour lire un roman. Mais c’est déjà ça de pris ! Et ça m’ouvre déjà pas mal de pays… Comme pour les films, la version originale a une valeur particulière. Quand c’est possible, c’est à mon avis plus riche de lire l’œuvre sans le filtre de la traduction.

Il y a quelques obstacles sur ma route. Le plus gros, c’est de trouver les livres ! Comme j’évite d’en acheter en ce moment, faute de place pour les stocker ensuite – toutes nos étagères ont déjà deux, voire trois rangées de BD, mangas, romans etc – je dois compter sur les prêts de la médiathèque et de mes relations. Dans un premier temps, ça devrait aller : un livre d’Allende par-ci, un autre de Llosa par-là, un polar suédois, un classique grec, un manga japonais et un autre coréen, un récit de vie indien… Mais ensuite, ça va se gâter ! Alors il faudra ruser un peu… Et peut-être que d’ici-là, j’aurai déménagé. Dans ce cas, je pourrai acheter ce qui ne s’emprunte pas. Sinon, j’achèterai d’occasion et revendrai sitôt lu ! Du moins j’espère… Car j’ai bien du mal à me séparer de mes chers bouquins une fois qu’ils sont en ma possession !
Pour m’aider à trouver des idées, je peux faire appel à toutes les personnes venues d’autres pays que je fréquente dans le cadre du Café des Langues. J’ai déjà demandé à ma filleule de me conseiller des livres ukrainiens et russes, et elle est revenue avec toute une liste ! Reste à voir ce qu’il y à la médiathèque…

Pour l’instant, j’ai apparemment lu les livres de plus de 180 auteurs originaires de 29 pays différents… Le voyage ne fait que commencer !
Je vous tiendrai bien entendu au courant de mes trajets et de mes étapes. Attendez-vous à revoir ce sujet régulièrement pendant quelques mois, si ce ne sont des années !

Joe le Pizzaiolo

Jeudi 5 avril 2018

Il y a un peu plus d’un mois, j’ai retrouvé un ami d’enfance. Je savoure de nouveau sa présence…
Quand je dis « savoure », je le pense. Littéralement. Car « l’ami » retrouvé, c’est Joe, le pain de l’amitié. Aussi connu sous le nom d’Herman, gâteau de l’amitié.

Le principe est simple : c’est celui d’une chaîne de lettre, mais au lieu de courrier, on fait passer un levain.
Un beau jour, on reçoit d’un ami ou d’un collègue un bocal avec cette étrange substance et une feuille d’instructions. C’est sur ce petit papier que la bête se présente, à la première ou à la troisième personne :

« Vous recevez Joe de la part d’un ami, c’est le jour 1 ! Mettez-le à l’aise dans un saladier, plutôt grand pour qu’il ait la place de grandir, couvert d’un torchon. Joe doit pouvoir respirer, et n’aime pas le froid, il doit rester à la température ambiante d’une maison. »
Ensuite, il faut prendre soin de lui. On le mélange régulièrement, et puis un beau jour (le quatrième, pour être précise), Joe a faim ! On lui donne alors un peu de lait, de sucre et de farine… Enfin « un peu », c’est ce qu’on dit la première fois. Parce que vous le verrez plus tard, Joe réclame souvent à manger, et quand on décide de le garder un peu plus longtemps que ce qui est prévu, le magasin d’à côté voit augmenter ses ventes de ces ingrédients ! Bon, ok, j’exagère… Je reviens à mes moutons.
On mélange de nouveau pendant quelques temps, et le neuvième jour, on nourrit Joe de nouveau (je vous l’avais bien dit !). Eeeet… c’est là qu’intervient le principe de la chaîne de lettres : on divise Joe en quatre parts égales. Trois doivent être données à des amis, et la quatrième est cuisinée le lendemain pour faire un délicieux gâteau ! Miam !

Quand on est gourmand, ou adepte du principe, ou curieux… whatever !… alors on ne donne que deux parts, on cuisine la troisième, et on garde la quatrième pour recommencer le cycle !
C’est ce qu’on avait fait quand j’étais gamine. Et je garde un excellent souvenir du gâteau aux pépites de chocolat qu’on faisait tous les dix jours. Malgré tout, la famille avait fini par se lasser, et on n’a plus eu Joe…
Récemment, on en a reparlé. Et ma petite sœur, qui n’a pas les deux pieds dans le même sabot vu qu’elle n’en a pas du tout (de sabot, s’entend), a démarré elle-même un nouveau Joe ! Ni une, ni deux, nous revoilà avec notre ami !

J’ai adopté une part, ravie ! Mais évidemment, lorsque j’ai finalement préparé mon gâteau, il n’avait pas la qualité de mon souvenir… Je n’étais pas tout à fait déçue, parce que j’avais anticipé le risque d’embellissement de la mémoire. Mais bon… Le charme n’était pas tout à fait le même.
Cela dit, j’ai recommencé, et testé une autre recette. Et voilà que l’odeur, la consistance, le goût, tout est parfait ! Mon goûter ce jour-là a été copieux, je n’ai pas pu m’empêcher d’en reprendre plusieurs fois, tout en sautillant de joie avec ma « madeleine de Proust » sur les papilles.

Je vous donne donc cette recette, la meilleure ! (Oui, enfin… la meilleure pour moi, quoi !)

Au 10ème jour, nourrissez Joe une dernière fois avec : 150g de beurre fondu, 3 œufs, 100 g de sucre, 200g de farine, 1 sachet de levure chimique, 1 cuiller à café de sel, et tous les autres ingrédients qui vous plaisent : pépites de chocolats, fruits et fruits secs…* Dites au revoir à Joe, et faites-le cuire 1h à 170°C. Il est cuit quand un couteau en ressort propre.

Mais tout cela n’explique pas le titre de mon article… J’y viens !
Pour ne pas me lasser trop vite, j’ai décidé de varier les plaisirs, et après avoir retrouvé la recette parfaite, eh bien… je n’ai pas recommencé ! A la place, j’ai fait une pâte à pizza au levain maison ! C’est long, mais quelle récompense au moment de la dégustation…
Là, j’ai suivi les indications d’une bloggeuse, et je vous donne donc le lien vers sa recette. Elle est relativement simple : en plus d’un peu de levain Joe / Herman, il vous faudra de l’eau, de la farine, de l’huile d’olive, du sel et du thym. Le thym n’étant pas indispensable, mais appréciable.
La réussite de cette pizza vraiment maison étant au rendez-vous, je compte bien réutiliser cette base à l’occasion, je ne manquerai pas de partager le résultat (numérique) avec vous !

* Evidemment, ce sont les pépites de chocolat, faites maison à partir d’une tablette de chocolat à cuire, qui ont mes faveurs…

Épisodes épistolaires

Samedi 24 mars 2018

Non je ne suis pas tombée du lit en ce samedi matin, je prépare seulement le changement d’heure. En espérant ne plus avoir à le faire d’ici quelques années ! En effet, le Parlement Européen se penche sur la question, et a sommé la Commission Européenne de lancer une grande étude pour étudier l’impact de cette mesure largement discutée tous les six mois ! Bon, les résultats ne sont pas pour demain. Le temps de déterminer les conséquences réelles du changement d’heure, de légiférer, de voter, puis d’appliquer… Ce type de projet est déjà compliqué à gérer dans un pays, mais là il s’agit d’un sujet qui concerne systématiquement les relations internationales, même lorsque un pays fait le changement seul. L’harmonisation est compliquée ensuite pour les trains, les échanges professionnels et commerciaux, les rencontres politiques… On ne peut pas simplement décider de remettre les pendules à l’heure !

Bref ! Je suis donc levée tôt un samedi matin, et je savoure le temps disponible. J’en ai profité notamment pour répondre à un mail particulier : celui d’une amie épistolaire. Enfin « épistolaire »… Disons que nous ne nous connaissons que par les mails que nous échangeons à une fréquence absolument irrégulière ! L’irrégularité étant principalement de mon fait.
Je ne sais plus comment nous sommes entrées en contact, mais la raison était je crois son départ en Lituanie. Et la sauce a pris : nous nous sommes mises à échanger des messages longs de plusieurs pages en racontant notre expérience de la Lituanie et d’autres pays, notre vision de la France aussi, et même notre avis sur la marche du monde. Nous sommes tombées sur quelques désaccords, mais nous nous retrouvons sur une volonté de franchise complète. Avec une question : est-ce que nous aurions été aussi honnêtes en face à face ? Et cette question fait-elle des humains des hypocrites qui se travestissent face à certains interlocuteurs ?
Quoi qu’il en soit, même si je viens de mettre un an et demi à répondre à son dernier message, je prends beaucoup de plaisir à ces échanges. C’est une amitié numérique, un lien maintenu avec la Lituanie, une chance d’être plus ouverte aux autres. La certitude aussi que même lorsque le temps passe, on peut reprendre (quasiment) où on en était.
C’est très différent de Postcrossing, qui me permet d’envoyer des cartes postales à de parfaits inconnus du monde entier, et en retour de recevoir d’autres cartes d’autres inconnus d’autres parties du monde entier. J’adore ça ! Là aussi, c’est une ouverture sur le monde, l’occasion de découvrir des personnes et des anecdotes, d’apprendre la géographie… C’est aussi la satisfaction de prendre le temps de réfléchir à ce qui pourra faire plaisir au destinataire d’une carte, et l’excitation de recevoir un mot et une image de quelqu’un qui s’est donné la peine d’envoyer quelque chose juste pour moi. Mais les relations s’arrêtent là, généralement. Et le budget nécessaire est plus élevé que pour un échange de courriers électroniques, qui ne demandent que le temps de la rédaction, et éventuellement de la réflexion.
Cela dit, je m’y remettrai bientôt, quand je choisirai d’augmenter de nouveau mon budget loisirs. Ce sera un nouvel épisode !
Quant aux mails, il me reste à répondre à une autre correspondante, celle qui a pris ma suite comme assistante de français, et avec qui le courant était très bien passé aussi. Elle a depuis longtemps terminé son année là-bas, mais j’aimerais avoir de ses nouvelles…
Avec elle et avec mon amie de Lituanie (qui sera bientôt en Grèce, mais passons…), je vais donc entamer un nouvel épisode épistolaire. Qui durera ou ne durera pas, mais sera suivi d’un autre un peu plus tard !

Sources :
Changement d’heure et Parlement Européen : http://www.leparisien.fr/societe/et-si-l-europe-enterrait-definitivement-le-changement-d-heure-08-02-2018-7547742.php
https://start.lesechos.fr/actu-entreprises/societe/changement-d-heure-le-debut-de-la-fin-11392.php

Postcrossing : https://www.postcrossing.com/