Clôture de saison

Mardi 20 mars 2018

Aujourd’hui, c’est officiellement

En février, la Chaperie sous la neige

le printemps. Les 2°C affichés par le thermomètre et le vent cinglant cherchent à me contredire. Et il est vrai qu’il fait un parfait temps d’hiver, celui que j’adore : soleil, immense ciel bleu, et froidure vivifiante…

 

Qu’importe ! A la Chaperie, on prépare malgré tout la clôture de saison. De saison culturelle, s’entend !
C’est une belle journée qui s’annonce, presque un festival puisqu’il y aura plusieurs artistes et compagnies, majoritairement sarthois, pour deux spectacles de théâtre et trois concerts rock :
Fred Blin avec « A-t-on toujours raison ». J’ai découvert qu’Estève, le neveu de Raymond et Huguette dans Scènes de Ménage, sur M6, est un comédien sarthois. Et il vient à la Chaperie pour la deuxième fois en cette saison 2affiche Chaperie clôture 14 04 18017-2018, avec un spectacle différent.
Jean-Marc Royon avec « Joblard, l’histoire comique de ma vie ratée« . Un spectacle tiré du roman Joblard, t’es le meilleur, plein de péripéties délirantes, sur un homme qui veut se foutre à l’eau, mais n’envisage pas pour autant d’arrêter de boire !
– Et les trois concerts : Tuco, Run Ronie Run et Cannon Fodder
Et pour parfaire le tout, un cochon grillé ! Miam miam…
Si ça vous intéresse, la billetterie est ici.

Je me réjouis de ce nouvel événement, de faire partie de l’organisation. La seule ombre au tableau, c’est qu’il signifie aussi le début de la fin pour moi. Le service civique ne peut pas se prolonger éternellement !  Il n’empêche que j’ai d’ores et déjà appris énormément, en plus de faire des rencontres enrichissantes. Et j’ai l’impression d’être utile ici, ce qui ne gâche rien ! Alors je profite du temps dont je dispose ici.
Reste à savoir quelle sera la prochaine aventure, et où elle aura lieu. Mais j’ai des pistes ! Et j’y travaille…

 

 

 

Cadeau nature

Mardi 6 février

Ce matin, en arrivant sur le parking de la Chaperie où je suis en service civique, j’ai surpris deux chevreuils proches de la haie. Je suppose qu’ils sont poussés par le froid et la neige à venir dans des endroits inhabituels… Ils se sont évidemment enfuis, effrayés par le bruit de la voiture. Je n’ai pas pu prendre de photo pour partager ce cadeau avec vous, mais j’ai eu le temps de les voir suffisamment bien pour m’en réjouir.
Je ne saurais pas dire exactement ce qui me rend si heureuse à la vue de ces animaux. Ca tient sûrement beaucoup à l’enthousiasme de mon père chaque fois qu’il en surprend un alors qu’on est en voiture en famille. Nous avons toujours admiré sa capacité à repérer les animaux malgré leur camouflage, y compris quand c’est lui qui conduit, et que les passagers bien plus disponibles pour l’observation n’ont rien remarqué.
Ce genre de petit bonheur me donne envie de vivre à la campagne. J’ai la chance, actuellement, d’habiter une ville de taille raisonnable. La vie en résidence, à côté du tramway, des commerces et de l’université ne donne pas pour autant la chance d’admirer autant la nature. Il y a bien les colonies de lapins qui se baladent sur le campus et dont les étudiants qui habitent en cité U peuvent profiter, mais je ne les vois pas. Et ils n’ont pas la majesté d’animaux plus sauvages qu’on ne voit jamais dans une maison. Alors j’espère pouvoir bientôt avoir un logement plus isolé, où on peut surprendre un chevreuil, un renard, et toutes sortes d’oiseaux au retour d’un voyage la nuit, ou au petit matin en partant au travail…

Il neige au Mans !

Lundi 5 février 2018

Il neige au Mans ! Enfin… Il « neige » au Mans, ça veut dire que des flocons ont voltigé et blanchi  les voitures, les pelouses et les plantes, mais pas les routes. Cela dit, c’est déjà la panique, et les transports scolaires ne circuleront pas demain ! (cf Ouest-France )
J’attends de connaître la réaction des étudiants Erasmus venus des pays de l’est de l’Europe, ou même de quelques Américains d’Etats où ils sont habitués à la neige… On va rire !
Bon, si on y réfléchit bien, on a peut-être un côté ridicule à être paralysés pour quelques flocons, mais il semble normal de ne pas avoir trente-six déneigeuses et d’immenses quantités de sel qui ne serviront que trois jours tous les deux ou trois ans. Le coût que cela représenterait pour la collectivité, et donc pour les contribuables, serait disproportionné. Mieux vaut s’adapter, rester chez soi quand c’est possible, et admettre qu’on ne peut pas être productifs à 100% toute l’année. Détendons-nous et respectons la nature qui est parfois plus forte que nous…
En tout cas, moi, je suis  ravie ! Je n’ai pas changé depuis mon année en Lituanie, j’adore la neige. Alors en rentrant de mon cours de FLE (Français Langue Etrangère) tout à l’heure, j’ai pris juste le temps de mettre des chaussures fourrées et de réajuster mon écharpe et mon bonnet, et je suis sortie savourer les flocons tant qu’ils tombaient. C’est mon bonheur du jour…

 

La muraille de Noël

La ville du Mans peut s’enorgueillir de plusieurs éléments : sa cathédrale aux vitraux très anciens, sa cité Plantagenêt où ont été tournés plusieurs films dans un univers médiéval, et son enceinte romaine.
C’est un monument de grande importance, puisque plusieurs portions sont extrêmement bien conservées, et qu’on y voit à la fois l’aspect défensif et le côté décoratif.
Les motifs sont originaux, et ont d’ailleurs fait réagir un Britannique, assistant d’anglais en France, qui les a comparés aux célèbres « pulls de Noël », les « Christmas Jumpers » que les sujets de sa majesté affectionnent particulièrement.
Voyez plutôt les pulls…

 

 

 

 

Et la muraille :

L’enceinte du Mans – un pull de Noël ? – Source : site de la ville du Mans

La ressemblance est étonnante, non ? Les rennes en moins…
A mon avis, on pourrait communiquer là-dessus à destination des touristes anglo-saxons !

Papillon en France

Dimanche 21 janvier 2018

En m’installant au Mans, j’ai pris une bonne résolution : considérer cette nouvelle période de ma vie comme un voyage, une découverte supplémentaires. Ce qui signifie pour moi :
– saisir un maximum d’opportunités de rencontrer les gens d’ici, qu’ils y habitent depuis longtemps ou soient de passage comme les Erasmus ou les assistants de langue,
– visiter les lieux, profiter de l’offre culturelle, des événements…
– garder un regard neuf et relater les anecdotes étonnantes sur ce blog.
Mais c’est difficile… Je profite effectivement des occasions qui se présentent en participant à des activités avec des locaux et des internationaux, je vais au yoga, au rock, aux événements Couchsurfing… En revanche, j’ai plus de mal à être touriste. D’une part parce que j’ai beaucoup moins de temps que quand j’étais en SVE, en Erasmus ou assistante de langue, et d’autre part parce que mon budget est restreint et que ça limite de fait les possibilités d’assister à des visites guidées ou des spectacles, de visiter des musées ou des monuments. La beauté du service civique, c’est qu’on a les mêmes ressources financières qu’un étudiant ou un demandeur d’emploi, mais aucun droit à réductions !* Hum, dommage… Mais défi intéressant ! La deuxième difficulté est aussi liée à ma disponibilité : même quand j’ai quelque chose à raconter, je ne prends pas le temps de m’asseoir devant mon écran pour l’écrire. La troisième difficulté, enfin, est celle de l’anonymat que j’ai toujours tenté de préserver. Il était plus facile de ne pas être très reconnaissable quand je racontais des anecdotes que les personnes concernées ne risquaient pas de retrouver car ce n’était pas dans leur langue, et que les lecteurs ne pouvaient pas identifier car ce n’était pas chez eux. Désormais, il me faudra donc accepter d’être reconnaissable. Ce n’est pas un problème puisque j’ai toujours pris soin de modérer mes propos, mais ça change ma façon de considérer ce blog.

Quoi qu’il en soit, cette résolution tient toujours, et je vais essayer de publier quelques articles sur le Mans et la Sarthe…
* Rectificatif mars 2018 – En fait si, de par l’article 120-3 du code du bénévolat, tout porteur de la carte de volontaire en service civique doit pouvoir bénéficier des mêmes avantages qu’un étudiant ! Donc entrées à tarif réduit au cinéma, dans les musées, au spectacle… et abonnement aux transports également à bas coût. Pas autant que pour un demandeur d’emploi qui ne paye que 11,40€ pour trois mois de déplacements illimités, mais quand même moins qu’un salarié. Bonne nouvelle !

The Sun is also a Star

Vendredi 12 janvier 2018

The Sun is also a Star, Nicola Yoon ; lu en anglais janvier 2018 —

Je viens de terminer un livre plus ou moins reçu en cadeau de Noël. En fait, après avoir lu The Brightest Star in the Sky de Marian Keyes, que j’avais emprunté à la médiathèque, j’ai demandé au Père Noël un autre livre de cette même auteure. Et le Père Noël a exaucé mes vœux en m’apportant The Woman who stole my Life. Sauf qu’en lisant la quatrième de couverture, j’ai eu une nette impression de déjà vu lu. Qui s’est confirmée à la lecture des premières pages. Bon. Le titre ne me disait rien, mais l’histoire oui, je l’avais déjà lue. Probablement au Canada ou au Royaume-Uni, allez savoir.
Le pire dans l’histoire ? En rentrant chez mes parents, j’ai vérifié mon étagère de livres en langues étrangères, et je l’ai ! Donc certes je le relirai avec plaisir puisqu’il est excellent, mais nul besoin de posséder des ouvrages en double alors que je peine déjà à trouver de la place pour les ranger !
Je suis donc allée à Durance, librairie nantaise qui avait approvisionné le Père Noël pour cette livraison, et j’ai choisi en une minute un autre livre pour le remplacer. Pour être rapide, j’ai fait confiance au libraire qui avait organisé ses rayonnages et choisi l’un des romans mis en avant, c’est comme ça que j’ai eu en ma possession The Sun is also a Star de Nicola Yoon. Nulle obsession de ma part sur les étoiles, je vous assure qu’il s’agit d’un simple hasard dont je viens de m’apercevoir en écrivant cet article. Encore que… Est-ce bien un hasard, ou est-ce la destinée ?
Car dans ce roman, où une jeune fille, d’origine jamaïcaine et sur le point d’être expulsée des Etats-Unis où elle vit illégalement, rencontre un Américain fils d’immigrants coréens, hasard et destin sont l’objet de bien des discussions…
Natasha ne croit ni à l’amour, ni au destin. Pour elle, tout est sciences, de l’univers à l’amour. Pour Daniel, c’est bien différent : il voit beaucoup de poésie en ce monde.
L’essentiel du roman relate une journée, celle où tout bascule. Daniel est censé aller à un entretien de sélection pour l’Université de Yale. Natasha fait tout son possible pour éviter à sa famille l’expulsion vers la Jamaïque, qui doit avoir lieu le soir-même. Leur origine, leur situation, leur culture, leur vision du monde… Tout les oppose, mais ils passent la journée ensemble. Quant à la suite… je n’en dirai pas plus !

Je remercie Marian Keyes et l’enchaînement de petits événements qui m’ont menée jusqu’à ce livre. S’il n’est pas aussi fort que The Brightest Star in the Sky, il est tout de même excellent, et très touchant.
Il est assez court, car même s’il a près de 400 pages, les interlignes sont larges. Le style très simple rend la lecture facile et rapide. Pas de mots compliqués, une alternance de chapitres très courts dont la perspective change à chaque fois : narrateur personnage avec Natasha ou Daniel, ou narrateur externe pour nous présenter le point de vue des autres personnages, que ce soit le père de l’un ou de l’autre des protagonistes ou un personnage secondaire.
Ce changement de perspective fait partie du charme du livre. On se met dans la peau de tout le monde, jusqu’au chauffeur de taxi dont on ne saura plus rien après. Il n’y a pas d’excès comme dans certains livres : tous les personnages ne sont pas liés, on ne découvre pas à la fin de schéma qui regroupe tout le monde. Mais on goûte des instants de vie touchants.
Et puis il y a le suspense. Que va décider Daniel pour son avenir ? Natasha va-t-elle réussir à éviter le retour en Jamaïque ? Quelques rebondissements inattendus maintiennent le doute jusqu’à la fin : est-ce vraiment une romance avec un happy end, « and they lived happily ever after » ? Ou y aura-t-il un dénouement plus subtil, plus réaliste ? Ne comptez pas sur moi pour vous le dire. Car oui, j’aime les fins très optimistes, réalistes ou pas, parce que je lis pour rêver et pas pour déprimer. Mais j’aime aussi être surprise, être un peu nostalgique sur une fin réaliste. Et ne pas savoir, jusqu’au dernier moment, a vraiment contribué au plaisir de cette lecture.

Dernier voyage

Vendredi 8 août 2017

Il est un voyage que l’on ne souhaite à personne, et que pourtant tout le monde fait. Un voyage définitif vers une destination dont on n’envoie pas de carte postale, ni de SMS d’ailleurs. Un voyage qui peut s’entreprendre dans des conditions diverses.
Comme beaucoup, je n’aime pas penser à la mort, ni la mienne ni celle de mes proches. Mais quand un décès survient, comme aujourd’hui, j’y réfléchis malgré tout.
Ma grand-tante est partie. Je la connaissais peu, mais je sais que c’était une femme admirable, et la peine de mes proches est la mienne également. En bonne santé physique jusqu’à la fin, elle était aussi dynamique intellectuellement. Curieuse et engagée, elle n’a pas arrêté de se cultiver, de lire, et d’agir à son niveau.
Chez elle, naturellement, elle a arrêté de vivre au cœur d’une activité.
C’est un modèle pour moi. La preuve qu’il est possible de bien vivre sa vieillesse, de ne pas se renfermer, d’agir jusqu’au dernier jour. D’être aimable et aimé. Pour les mêmes raisons, c’est un réconfort. Tout est possible, et c’est à nous de donner du sens à notre vie et à notre vieillesse. Pour partir un jour sans regrets…

L’anonymat du voyage

Août 2017

J’ai une anecdote amusante à vous raconter.
Lorsque A. était là, pour sortir un peu de l’appartement où il n’y a rien de bien intéressant à faire pour sa fille R. de 15 mois, nous avons pris le tramway direction le parc.
R. était installée dans sa poussette, avec à la main une tranche de pain de mie en guise de casse-croute.
Il faut savoir que le pain de mie n’est pas très répandu, et surtout pas très apprécié en Allemagne. J’ai eu plusieurs fois des remarques d’amies allemandes qui se demandaient comment je pouvais manger ça. Effectivement, quand on a l’habitude de manger du pain très complet, et que ce qu’on a comme pain le plus blanc ressemble à ce qu’on appellerait du pain noir en France*, le pain de mie est un truc plein d’air, très mou et aux propriétés nutritives discutables…
Nous étions donc dans le tramway, à attendre son départ, et là, un jeune à côté de moi dit à ses deux amies, en allemand : « Noch französische Scheiße », « Encore de la merde française ». Je me suis retenue de rire, et j’aurais bien répondu : « Genau, französische Scheiße, von einer Deutschen gegessen », « Exactement, de la merde française, mangée par une Allemande ». Mais bon, la réplique, elle m’est venue quelques secondes trop tard pour pouvoir encore la sortir. Cela dit, ils ont dû entendre un peu plus tard qu’A. parlait allemand à sa fille, et comprendre leur erreur…

Le lien avec le titre, c’est que quand on est en voyage, on se sent en quelque sorte « protégé ». Quand on parle une autre langue, on oublie qu’on peut malgré tout être compris, et on dit à voix haute des choses qu’on chuchoterait normalement en aparté. Même sans ça, le fait d’être hors de son environnement habituel, loin des contraintes sociales et familiales occasionne un certain relâchement. Et c’est intrinsèque au tourisme, dont la définition inclut le fait de sortir de son cadre de vie. Il y a donc un sentiment d’impunité, d’anonymat qui provoque des changements de comportements. Un professeur nous expliquait ça cette année dans un cours sur le tourisme sexuel, ainsi que le genre et la sexualité dans le tourisme.  N’y voyez pas que du négatif. Cette fameuse impunité peut pousser certains à des comportements répréhensibles, mais la confrontation à l’altérité et une certaine liberté peuvent aussi permettre de se réapproprier son propre corps, de prendre de saines habitudes, voire d’avancer vers l’égalité des genres. Les nouvelles pratiques testées à l’occasion d’une expérience touristique peuvent ensuite être transposées dans la vie quotidienne au retour.
Les voyages et l’anonymat qu’ils procurent sont donc un outil, qui, comme tout outil, peut être utilisé pour le « bien » ou pour le « mal »… Vous pouvez désormais mieux comprendre pourquoi on reproche souvent aux touristes de ne pas faire attention et de polluer, tout en parlant trop fort, mais vous savez également que ça ne dit pas grand chose du comportement de ces personnes une fois chez elles. Ne généralisez pas une culture à la vue de quelques touristes, et prenez du recul sur vos propres actions et attitudes lorsque vous êtes loin de chez vous.

 

 

* Ok, j’exagère un peu, mais c’est l’idée.

NB : Je n’ai malheureusement pas à disposition la bibliographie qu’E.J. a utilisée pour faire son cours… Je précise donc simplement que cet article est une réflexion à partir des éléments qu’ils nous a enseignés.

Long terme

Août 2017

Je reçois la visite de ma correspondante allemande. Enfin « correspondante »… Le mot n’est pas tout à fait adapté. En allemand, pas d’ambigüité : « Briefpartner » ou « Brieffreund », littéralement partenaire ou ami de lettres, est celui avec qui on échange du courrier, tandis que « Austauschpartner », littéralement partenaire d’échange, est celui à qui on rend visite et qui nous rend visite en retour. A. est mon « Austauschpartnerin ». En seconde, en classe Abibac, elle est venue passer trois mois avec moi, des vacances au ski au lycée. A l’internat avec moi en semaine, dans ma famille le week-end. Ensuite, j’ai fait de même en Allemagne.
C’était ma première longue expérience à l’étranger. C’est là que j’ai compris, non, mieux, ressenti à quelle point le proverbe « les voyages forment la jeunesse » est vrai. J’ai non seulement été très heureuse pendant ces quelques mois, à la mesure de l’intense déprime que j’avais traversée quelques mois plus tôt, mais j’en ai surtout été consciente sur le coup. Lorsque j’ai dû repartir, j’étais en larmes. Mais j’ai décidé à ce moment-là que je ne pleurerais plus sous prétexte que quelque chose de bien se termine. Il faut au contraire se réjouir d’avoir vécu une expérience heureuse.
Depuis, j’ai fait mon chemin, dans ce domaine et dans d’autres, mais je ressens encore régulièrement l’influence d’A. Parce que chaque fois que nous nous voyons, que nous discutons, que nous échangeons sur notre vie dans nos pays respectifs et nos expériences dans le pays de l’autre, nous élargissons le champ des possibles. Nous nous ouvrons à d’autres idées ou méthodes liées à la culture de l’autre. Et par culture, je n’entends pas forcément celle du pays, mais parfois celle de la famille. Car, je le dis et je le répète, j’ai vécu avec une Allemande, un Palestinien, une Turque, une Italienne, un Brésilien, des Canadiens, des Chinoises, une Hongroise, une Autrichienne pendant 2 à 12 mois, et travaillé avec d’autres nationalités encore, mais c’est dans la Sarthe que j’ai vécu le choc culturel le plus important.
Si le pouvoir d’A. sur moi est si important, je pense que c’est grâce à l’expérience intense que nous avons vécue la première fois : nous nous sommes intégrées dans la vie de l’autre. Nous avons partagé le même toit, les mêmes cours, les mêmes vacances. Nous avons fait partie de la bande d’amie de notre correspondante. Donc nous nous comprenons, nous connaissons l’origine de l’autre, ses habitudes, ses valeurs.  Nous pouvons nous mettre à sa place, parce que nous y étions.
L’irrégularité des contacts ensuite n’y a pas nui.  Quelques mails et coups de téléphones suffisent à maintenir la possibilité de se rendre visite. Et lorsque nous nous voyons enfin, nous pouvons de nouveau échanger, sur des sujets qui évoluent avec notre vie. Disons-le clairement, à 15 ans, nous ne parlions pas du nombre d’enfants que nous voulions ou de leur éducation ! Ni de mémoire de master ou de recherche de travail. Aujourd’hui oui.
Forcément, A. est aujourd’hui maman. Etudiante ET maman. Pas vraiment quelque chose que j’aurais envisagé de mon côté !
C’est donc avec sa fille qu’elle est venue jusqu’à notre appartement bien trop petit pour accueillir une demoiselle de 15 mois plus de quelques jours, ce qui nous a quand même fait plaisir ! Puis nous avons poussé jusqu’à la ferme de mes parents, qu’A. tenait absolument à montrer à sa fille. Elle veut d’ailleurs y revenir tous les ans. Parce que oui, une expérience aussi marquante sur le long terme, on ne la garde pas pour soi, on la partage avec ceux qu’on aime le plus.

L’entreprise de demain est en chacun de nous

Vendredi 30 juin

Je suis actuellement en stage. Et après un semestre où une bonne partie de mes réflexions a été alimentée par le cours de management et le travail dans une équipe projet, cette expérience est de nouveau l’occasion de me questionner sur les moteurs des employés, les miens, sur les actions à mettre en place au sein d’une équipe et par le manager pour motiver chacun, sur les critères qui rendent le personnel efficace… et heureux !

C’est un voyage en soi. Parce que l’analyse ne suffit pas, il faut aussi la pratique. Ce qui n’est pas forcément facile en tant que stagiaire. Mais à petits pas, j’agis à mon échelle.

Et en attendant des mesures de plus grande envergure, je suis tombée ce soir sur une vidéo très intéressante sur le sujet, grâce à un ancien collègue qui l’a recommandée.

Je vous la montre ici. Profitez-en bien : en plus d’avoir de bonnes idées sur le travail de demain, l’intervenant est un excellent orateur !

 

 

Merci du conseil, William !